Francis (article de Var-matin)

Publié le par Gérard

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               A Bauduen, sur les bords du lac de Sainte-Croix, il y a toujours de l'herbe en mai-juin. Même quand il fait sec comme cette année. Alors quand  nombre de ses collègues varois, installés beaucoup  plus bas au sud, s'impatientent, Francis Girard, à la tête d'un troupeau de 380 brebis (500 avec les agneaux de printemps), profite du moment. "Théoriquement, on devrait déjà être dans les préparatifs de la transhumance. On commence à  y  penser doucement. On répare les sonailles."

 

 

               Berger plutôt qu'éleveur.            francis.-recajpg.jpg

 

 

         On l'aura compris, le stress n'est pas le genre du bonhomme.  A 52 ans, Francis qui se définit comme berger plutôt qu'éleveur, "Ca donne une précision sur la façon de travailler. Un berger est toujours avec ses bêtes.", n'a pourtant pas toujours été aussi détendu. Il y a une dizaine d'années, quand il s'est installé au hameau de Bounas sur la commune de Bauduen, et qu'il a effectué sa première transhumance vers la vallée de l'Ubaye, les choses étaient bien différentes. "Les premières années avec le stress de l'organisation, le danger que représentaient les voitures quand on empruntait les routes nationales, je ne dormais pas. Et puis, petit à petit, on a affiné la trajet. En parlant avec d'autres bergers, on a découvert des petites routes moins fréquentées," confie-t-il. Des bergers, il en rencontre de moins en moins sur le chemin des Alpes... " Il y a encore quelques temps, on était une dizaine à passer le col d'Allos. Maintenant on n'est que trois." 

 

 

                             Une forme de résistance.

 

       Comme la grande majorité des bergers de ce début de XXI° siècle, Francis Girard pourrait louer un camion pour mener son troupeau à la montagne. Mais le 20 juin, c'est encore à pied qu'il fera le chemin jusqu'à la Condamine d'abord, puis Saint Paul sur Ubaye.  " Economiquement, la location d'un camion ne me coûterait pas plus cher que de payer la nourriture pour les douze personnes qui m'aident dix jours durant à mener le troupeau. Mais pour les brebis , c'est mieux de monter progressivement. Elles éprouvent du plaisir à prendre la route."

 

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                                                          Son fils Félix avec un agneau de printemps.

 

       Si Francis Girard partage le plaisir de ses bêtes, sa motivation est presque idéologique. " C'est une certaine forme de résistance à l'air du temps qui veut qu'on aille toujours plus vite, qu'on ait comme seule obsession la rentabilité. Avec la transhumance traditionnelle, on se permet au contraire de faire des choses qui, économiquement, ne sont pas valables." lâche-t-il dans un sourire espiègle. Un philosophie qu'il dit avoir héritée, tout comme son amour de l'estive dans la montagne, "une respiration", du mouvement des années 1970.

 

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Publié dans producteurs

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audrey 30/05/2011


génial...................